A mes lectrices : Je vous ai certes déjà partagé le lien sur Hellocoton, mais je souhaitais y réagir par le billet d’un article également. Je n'ai pas l'habitude de ce genre de post mais je voulais voilà! Y'a des jours où il faut savoir sortir de son quartier habituel.

Parce qu’après cet article de Diglee, j’ai envie de péter des gueules.

La gueule de mes potes qui se permettent très (TROP) régulièrement de commenter mon cul apparemment trop gros pour les shorts que j’affectionne (Que je ne met pourtant pas pour montrer mes fesses, je vous assure) ou encore mes seins, apparemment trop petits pour mes t-shirts pourtant pratiquement jamais décolletés (et quand bien même ils le serraient...). Ou mes poils, qui apparaissent parfois au monde quand j’ai un peu la flemme (Ouais, j’avoue. Et ? Je n'ai jamais eu la prétention d'être parfaite).

La gueule des mecs de ma classe qui passent leur temps libre à suivre les meufs du regard dans les couloirs, rigolent des "moches" et leurs donnent des notes.

La gueule des mecs qui disent que, diplômée, je pourrais « Jouer au docteur et faire l’infirmière sexy ».

La gueule des mecs qui se permettent de me dire que je "devrais grossir, les formes c'est plus joli".

La gueule des gens (amis ?) qui me disent que « Tu sais, c’était avec toi que ça n’allait pas » quand je tente vainement d’expliquer à des ‘copines’ qu'un certain gars dans ma vie « N’a pas été très gentil. Le mot « non », ne fait pas partie de son vocabulaire et forcer les filles je t’assure, il sait faire. Sur le moment, je ne me rendais pas compte de ce que c’était ».

La gueule du papy qui nous regardait, ENFANTS, nous changer dans notre vestiaire de danse.

La gueule des ouvriers qui m’ont demandée, du haut de leur échaffaudage, à 15 ans, lorsque je rentrais de l’école jusqu’au bureau de mon père si « J’avais pas froid à ma p'tite moule avec ma jupe AHAHAH ».

La gueule du mec qui m’a suivie tout le long d’une rue et est même rentré avec moi dans une pizzéria en essayant de me gratter mon numéro, mon adresse, mon nom ,mon école sur mon temps de midi.  Et la gueule des gens qui ont rigolé en me voyant gênée.

La gueule du mec qui veut savoir si tu veux aller boire « Un verre ? Non ? Pas d’alcool pour toi ? Un café ? Un thé ? Un jus d’orange ? ». N-O-N, même un chien comprend ce putain de mot.

La gueule des patients qui se foutent à poil devant toi alors que tu as juste demandé qu’ils enlève la chaîne qu’ils ont autour du cou. Et la gueule de ceux qui se branlent presque dans leur lit ou sur ta table d’examen (et tous n’ont pas un déficit mental, je vous l’assure). Et celui que te dis, alors que tu es en train de faire le champ (= le badigeonner de désinfectant avant une intervention) au niveau de son aine (c'est pas moi qui choisi), que "Ca doit être agréable de voir des zizis toute la journée, non?"

La gueule du type qui fait se foutre en sous-vêt’ toutes les femmes, même pour passer un scanner de genou (Pour info : on n’enlève que le pantalon ou on relève la jupe, normalement), le même qui fait exprès de s’occuper des jolies filles qui ont 20 ans de moins que lui, le même qui t’as dit (devant tout le monde) : « T’avais mis un pantalon un peu transparent, on voyait ta culotte à crever » (c’était mon uniforme, je dis ça, je dis rien).

La gueule du mec qui, dès que tu n’es plus avec ton copain (qui est son pote, en passant), te colle comme de la glu et essaie de te faire des câlins. L’alcool, ça n’excuse pas tout. Surtout, qu'il est tout a fait au courant qu'il n'a RIEN a espérer avec toi, depuis des années, depuis toujours. Du moins, tu pensais qu'il avait compris. Le même qui répète qu'il "A trop envie de baiser, est en manque" que "Celle là elle était trop booonne à telle ou telle soirée", qu'il "en ferait bien son goûter" (et j'en passe et des meilleures!). Et toi t'es là, à côté, à entendre tes égales se faire traiter comme un filet de dinde qu'on achète dans la vitrine du boucher. Mais c'est pas grave. T'es une fille aussi, IL te baiserait bien.

La gueule des mecs qui sifflent dans la rue, ceux qui critiquent (en « bien » ou en mal) ta manière de t’habiller. Partout. Tout. Le. Temps.

Le mec qui t'as traitée de salope et de grosse moche "de toute façon", ne supportant pas de s'être prit un refus.

tamain

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Et là, c’est un peu le déclic. J’étais bien consciente que ce n’était pas normal, mais je pensais encore que c’était « moi le problème » ou encore que c'était normal, que j'étais juste présente au milieu d'une conversation habituelle entre mecs (j'oubliais un instant que je ne suis pas transparente).

Je faisais attention aux vêtements que je portais pour sortir, j'ignorais les sifflements, les remarques, je souriais gentillement, timidement... Je me disais « C'est pas normal qu'ils causent des filles comme ça », « Ce n’est pas normal mais ça ne change pas ». Bhen non, grosse nouille. Faut faire quelque chose pour que ça change.

Alors voilà, aujourd’hui Diglee me donne l’occasion de vous demander de l’aide pour que ça change : partagez cette note, parlez-en autour de vous. Si les gens autour de nous ne changent pas, tant pis. Mais changeons notre manière de réagir pour ainsi nous sentir fières et non plus «humiliées » et gênées. 

 

Ce soir, j'ai la haine.

La haine de ne pas avoir eu le courage de réagir avant.

 

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